Festivals d’Assam

L’Assam est considérée comme une terre de fêtes et de festivals qui caractérisent l’unité et la solidarité des diverses communautés qui peuplent l’état. Il existe une multitude de célébrations qui rassemblent ses habitants dans un mélange de couleurs reflétant l’esprit, les valeurs et l’unique culture d’Assam.

Le festival le plus important se divise en trois Bihus. Intimement connectées au monde agricole, ces célébrations n’ont pas de signification religieuse. Les habitants se rassemblent quelque soit leur caste, croyance ou origine. Le mot ‘Bihu’ provient de la langue parlée par la communauté Dimasa (sous-groupe des Kacharis). Bi signifie « demander » et Shu « paix et prospérité ». Trois bihus sont célébrés chaque année en janvier, avril et octobre en corrélation avec une phase agricole.

Magh Bihu marque la fin de la saison agricole avec des combats de buffles et autres divertissements. On l’appelle également Bhogaali Bihu ou festival de la nourriture. La veille du festival, les habitants construisent des mejis (petits abris de bois et de paille élevés) dans leurs champs et se rassemblent autour d’un feu. Le lendemain, ils brûlent cérémonieusement le meji et disposent ses cendres dans les champs et autour des arbres fruitiers car ces dernières sont sensées améliorer la fertilité du sol. Puis les habitants festoient et se lancent des défis sportifs.

Le Dehing Patkai Festival a lieu chaque année à Lekhapani dans le district de Tinsukia. Le nom du festival fait référence aux collines de Patkai et la Dehing River. Durant le festival, de nombreuses activités sont organisées: chants/danses tribales, visite de plantation de thé, golf, safaris et sports de plein (pêche, kayak et parachute ascensionnel). Il existe également un itinéraire qui retrace les batailles de la 2nde guerre mondiale menant jusqu’à la fameuse Stilwell Road, qui reliait autrefois le Myanmar. La cuisine et l’artisanat sont aussi mis à l’honneur. L’organisation sensibilise les participants au braconnage et à la coexistence de la faune et des habitants.

Me-dam-me-phi est célébré par la communauté Ahom chaque année le 31 janvier en mémoire des défunts comme la Toussaint chez nous. Cette commémoration aurait ses origines dans l’actuel Yunan en Chine. Me signifie offrandes, Dam ancêtres et phi Dieu donnant ainsi offrandes pour les défunts et sacrifices pour les Dieux. De longues processions colorées parcourent les villages. Le drapeau Tai-Ahom est érigé, puis les prêtres récitent des incantations et enfin les festivités commencent.

Jonbeel Mela est l’un des plus anciens et rares festivals rassemblant de nombreuses communautés tribales ou non d’Assam et du Meghalaya où l’argent est formellement interdit et se perpétue le système de troc afin de s’échanger des produits agricoles durant 3 jours juste après Magh Bihu. Les origines de ce marché géant remontent au 15e siècle. C’est un exemple modèle d’échanges entre les populations des collines et les habitants des plaines. Les premiers amènent épices, herbes aromatiques, gingembre et fruits qu’ils troquent contre riz, poissons et autres denrées des plaines. Ce marché a lieu en campagne à environ 30 Km de Guwahati où sont érigées de petites cahutes en bambou. Le soir, les différentes communautés se rassemblent et se montrent leurs chants et danses respectives.

Le Brahmaputra Beach Festival est un festival de plein air qui a lieu sur les berges du Brahmapoutre a Guwahati. Il a lieu au même moment que Magh Bihu. C’est un mélange de tradition, de culture et d’activités sportives. Le but de ce festival est de promouvoir la culture tribale, l’artisanat et les sports traditionnels d’Assam. Il est organisé par l’Assam Boat Racing and Rowing Association (ABRRA) de Guwahati en collaboration avec l’Assam Tourism Development Corporation (ATDC). On peut également participer a de nombreuses activités: beach cricket, beach volleyball, rafting, kayak, montgolfière et parapente. Sont aussi organisés des courses d’éléphant et des combats de coq et des compétitions de cerf-volant.

Le Kaziranga Elephant Festival se tient chaque année au Kaziranga National Park afin de protéger l’éléphant d’Asie. Il est organisé par le Forest Department et le Tourism Department d’Assam avec pour objectif de sensibiliser et résoudre les conflits qui opposent les pachydermes aux populations locales. Une centaine d’éléphants décorés paradent et participent à de nombreuses autres activités (course, football…)

En Assam, pour Shivaratri, union de Shiva et Parvati, il faut soit se rendre en bateau à Umananda Temple sur Peacock Island au milieu du Brahmapoutre à Guwahati. Des milliers de pèlerins convergent au temple dédié à Shiva. Autre haut lieu, Sibsagar, l’ancienne capitale de la dynastie Ahom où les Hindus viennent se recueillir. Une grande foire est organisee autour du temple.

Ali–ai-ligang est célébré au printemps et marque le début des semences pour la communauté Mising. Il a pour but d’apaiser la terre mère et offrir ses hommages aux défunts. ‘Ali’ signifie racine or graine, ‘ai’ fruit et ‘ligang’ semer. Le chef de famille commence à semer et prie pour que les récoltes soient abondantes et que sa famille soit protégée de la famine, de la maladie et de la pauvreté. C’est un festival coloré qui dure 5 jours Durant lequel aucun arbre n’est abattu et la pêche est interdite Des concours de chants et danses font organisés par les jeunes et la bière de riz coule abondamment. Le dernier jour (lilen) le village festoie une dernière en préparant de délicieux plats à base de porc et de poisson.

C’est le plus important et colorés des trois Bihus. On l’appelle Nouvel an d’Assam et il marque l’arrivée du printemps et le début de la saison agricole. Les fermiers préparent leurs champs, les vaches sont lavées au curcuma, on leur donne des légumes et on leur change leurs cordes. Durant une semaine, les habitants s’échangent des écharpes traditionnelles (gamochas), chantent et dansent au rythme des tambours (dhol) et des cornes de buffle (pepa). Les chansons parlent d’amour avec quelques extraits paillards. Les hommes revêtent leurs plus beaux dhoti et gamocha et les femmes leur traditionnel ensemble Mekhala Chador.

Réputé pour sa myriade de couleurs et son ambiance bon enfant, ‘Baishagu’ est suivi au printemps par les Bodo Kacharis, une des plus importantes communautés d’Assam. Le premier jour, ils vénèrent la vache. Le lendemain, ils offrent de la bière de riz et sacrifient des poulets en l’honneur du dieu Shiva, sous la forme de Bathow. Chants et danses traditionnels ponctuent le festival dont la Bagarumba, danse typique et réputée des Bodos. Les hommes entonnent le “bagurumba hay bagurumba” au rythme des instruments tandis que les femmes déploient leur châle imitant ainsi le battement des ailes du papillon dans une danse envoûtante.

Rongker est le festival du printemps observé chaque année par la communauté Karbi. Il a pour but d’apaiser les divinités locales et protéger le village des mauvais esprits. Les dates du festival ne sont pas fixes mais il se déroule généralement autour de Rongali Bihu et seuls les hommes y participent. Les activités agricoles sont suspendues et personne n’est autorisé à quitter le village. Durant 3 jours, les habitants s’échangent de l’argent et des cadeaux et sacrifient des animaux en l’honneur des dieux.

Lorsque la mousson demarre, que l’Assam se couvre d’une jungle luxuriante et que le puissant Brahmapoutre sort de son lit, Ambubachi Mela est observée au Kamakhya Temple de Guwahati et célèbre la fertilité de la Terre Mère avec grande ferveur. La colline de Nilachal Parvat, sur la route de l’aéroport, est le refuge de Devi Kamakhya, avatar de Kali. La légende raconte que la déesse entamerait son cycle menstruel le 7e jour du mois d’Aashaadha (mi-juin), selon le calendrier hindou. Toute activité agricole est suspendue car les eaux du Brahmapoutre devenues rouge sang seraient toxiques pour les champs. Les portes du temple sont alors scellées durant 3 jours. Étant un haut lieu de pratiques tantriques et à la croisée de nombreuses croyances hindoues, le festival accueille toutes les castes et religion. Tandis que les prêtres entrent en transe, les dévots attendant patiemment la bénédiction de la déesse. On peut y observer de nombreux sadhus qui convergent à Guwahati chaque année.

Également observé chaque année au Kamakhya temple de Guwahati où les ‘Deodhas’ (danseurs du temple) entrent en transe. Les pèlerins offrent des guirlandes de fleurs à la déesse serpent Manasa Puja. Les participants au festival commencent la préparation un mois à l’avance en se coupant du monde et méditant sur la divinité qu’ils veulent incarner. Durant le festival, les divinités investissent leurs hôtes leur donnant ainsi une force surhumaine.

En comparaison avec les 2 autres bihus, Kati Bihu est célébré beaucoup plus sobrement et marque la fin des semences. On l’appelle aussi Kongaali Bihu ou Festival du pauvre. Les gens se recueillent et allument de petites lampes à huile dans les champs et les jardins. D’autres lampes au sommet de longs bambous guident les âmes des défunts au paradis.

Depuis des siècles, l’ile de Majuli est le théâtre du Raas Leela, célébrée en l’honneur de Lord Krishna. Les pèlerins se rassemblent à Majuli durant 4 jours pour assister aux représentations de l’épopée du dieu. Costumes et masques agrémentent les histoires mythiques. Le festival met également en avant l’artisanat de l’ile et la cuisine locale et des marchés s’improvisent un peu partout. C’est aussi le moment idéal pour l’observation de l’avifaune qui migre ici en hiver.

Le Tea Festival permet au voyageur d’aller à la rencontre des chaleureux habitants d’Assam et découvrir ses beautés naturelles. Ce festival culturel est organisé chaque année à Jorhat et propose de nombreuses activités: dégustation de thés, visite des plantations et des fabriques, safaris, golf, cuisine locale, marché, pêche, rafting… Le soir, on peut assister à des spectacles de danse traditionnelle.

Chavang Kut, festival agricole de la communauté Kuki, est célébré à Haflong chaque année. Chavang signifie automne et kut veut dire festival. Il marque le temps des récoltes et ses origines sont très anciennes, du temps où les habitants étaient animistes et vénéraient la nature. Apres une dure saison de labeur dans les champs où se pratique le jhum (brulis), le festival est un temps de détente bien mérité avec chants, danses et musiques traditionnels.

Le Kherai est un autre festival de la communauté Bodo pour célébrer Shiva sous la forme de ‘Bathow’ (Lord Shiva) principal dieu des Bodos. Les danses font parties intégrantes des rituels religieux. Rituels et danses vont de pair pendant ce festival. Traditionnellement, une jeune fille est désignée en tant que shaman (oracle). Sous la direction du prêtre (oja), la jeune fille entre en transe et performe la deodhani dance qui a pour effet d’apaiser les dieux. Certaines scènes sont très explicites; la danseuse s’accapare une épée et un bouclier pour accomplir une danse guerrière. Ses mouvements reflètent les différentes divinités et sont synchronisés au rythme du khum (tambour), sifung (flute) et jotha (cymbales). Une fois la danse cérémonie terminée, elle prédit le futur du village et répond aux questions des villageois.